mardi 3 octobre 2017

DE L'URGENCE D'UNE REVOLUTION AU TOGO POUR LA RENAISSANCE DU PAYS

Notre pays, le Togo doit entamer son mouvement de reconstruction et de modernisation fondé sur le roc de nos valeurs négro-africaines revisitées. Pour cela, nous n'avons pas besoin d'une réforme de la monarchie despotique héréditaire de type colonial qui le régente depuis plus de 50 ans maintenant. Nous avons impérieusement besoin de déraciner ce système qui plonge ses racines véritables dans les deux périodes les plus sombres de l'histoire de notre continent: L'Esclavage (razzias négrières transatlantiques) et la Colonisation. On ne réforme pas la servitude. On la détruit. Pour que la Liberté naisse et grandisse, les chaînes doivent tomber et disparaître sans aucun protocole.


Pour que ce soulèvement populaire soit une réussite, nous avons besoin de nous mobiliser massivement, de nous organiser sérieusement autour d'un leadership qui conjugue vision, planification stratégique et courage à toute épreuve. Nous avons besoin de faire preuve d'une gestion intelligente de nos énergies dans cette phase historique afin de les canaliser pour asséner le coup mortel au système au moment opportun. 
La jeunesse togolaise doit se constituer en un avant-garde révolutionnaire et s'organiser ici et maintenant dans le but d'assumer cette responsabilité historique à laquelle elle n'échappera pas. Il n'y a pas de Liberté sans LIBERATION et il n'y pas de libération sans LIBERATEURS. Là où une Opposition institutionnelle titubante, hésitante et en panne sèche d'inventivité voudra se limiter à réclamer une réforme du système colonial, la jeunesse togolaise formée , informée et disciplinée doit prendre ses responsabilités et aller à la racine du Mal. Le sang libérateur qui doit couler pour que le territoire africain du Togo entame sa renaissance a commencé à couler. Avant d'atteindre le but, du sang coulera encore car on n'abat pas une tyrannie coloniale par les lamentations, les larmes, les prières et des mots d'indignation incessante. L'action libératrice est la clé: l'unique clé qui ouvre les portes d'un avenir différent et meilleur, surtout pour les générations futures, car souvent les libérateurs, s'il en reste après de durs combats, ne vivent pas assez longtemps pour moissonner les graines qu'ils ont pris la peine de semer. Seuls les destins exceptionnels moissonnent ce qu'ils ont semé durant la lutte. Mais les martyrs de la révolution vivent toujours puisqu'ils inscrivent à jamais leur nom dans le grand livre des héros immortels qui ont été jusqu'à donner leur vie afin que vive le pays de leurs ancêtres et de leurs descendants. Ils prendront le nom des avenues, des rues, des écoles, des aéroports, des places, des écoles, des universités, des marchés, des hôpitaux, des gares...à construire. Ils vivront ainsi éternellement.

Un césarisme dynastique de type colonial n'appelle pas la réforme. La tyrannie appelle la révolution qui doit nous conduire à la mise en place d'une Constituante mandatée pour rédiger une nouvelle Constitution pour le Togo nouveau en tenant compte exclusivement de notre histoire en tant qu'africains, de notre vision du monde et de nos valeurs africaines. Mais cette révolution ne peut être laissée au hasard des circonstances. Pour que le soulèvement populaire contre Cesar aboutisse, il faut qu'elle soit préparée et conduite, avec une jeunesse consciente de son devoir devant l'histoire et qui se soit débarrassé de la peur, des demi-mesures et de l'euphorie euphorisante. 

Komla Kpogli, S-G du MOLTRA
02 octobre 2017

mardi 19 septembre 2017

Le retour à la Constitution de 1992 sauvera-t-il le Togo des Gnassingbé et du système RPT ?

UN RETOUR A LA CONSTITUTION DE 1992 ELOIGNERAIT-IL LE TOGO D'UNE FRAUDE SUPPLEMENTAIRE EN FAVEUR D'UN AUTRE GNASSINGBE QUI SURGIRAIT OU D’UN COUP DE FORCE SUPPLEMENTAIRE EN FAVEUR D'UN CAÏD DU RPT QUI GOUVERNERAIT LE PAYS EN FAVEUR DES GNASSINGBE ET LEURS ALLIES?

Le débat réformiste et constitutionnel avec le RPT patronné par la monarchie dynastique des Gnassingbé est sans intérêt. Il est même contre-productif, puisqu'il permet au RPT et à ses alliés de se redéployer et de tenter tout pour essayer de miner le moral des masses populaires dont la conscience politique s'élève de plus en plus et qui demandent à être organisées.

Nous sommes à un moment de vérité historique: Gnassingbé 2 qui est la continuité de son père n'a jamais été, à l'instar de son prédécesseur, élu par le peuple togolais. Par conséquent, s'engager dans une logique réformiste et constitutionnelle avec lui serait nous perdre en conjectures. Faut-il le répéter? On ne réforme pas une monarchie dynastique de type colonial. Un tel régime ne se plie à aucune loi sauf à la sienne propre. C’est-à-dire celle de la mafia.
De plus, un retour à la constitution de 1992, si le RPT à l'Assemblée nationale votait en sa faveur, exclurait peut-être ( ?) Gnassingbé 2 sans toutefois éloigner le Togo d'une fraude électorale supplémentaire en faveur d'un autre Gnassingbé qui surgirait étant donné qu’on n’a jamais été au bout des surprises avec ces gens, ou en faveur d'un caïd du système RPT qui serait la marionnette des Gnassingbé. 
Nous sommes capables de faire ce travail.

Il faut avoir le courage de battre le fer quand il est chaud et aller jusqu'au bout. Notre devoir ici et maintenant, c'est de renverser purement et simplement cet ordre colonial quinquagénaire conjuguant la ruse et la violence pour se maintenir depuis lors par un soulèvement populaire mené de mains de maître par un leadership avisé et le remplacer par un Etat radicalement nouveau. Ce nouvel Etat, issu d'une Constituante à mettre en place tout de suite aux fins d’élaborer une nouvelle Constitution pour le Togo, devra être ancré dans notre culture en tant qu'africains ayant eu un parcours historique atypique dans un monde sans pitié, notamment sur le plan économique.
Nous sommes capables de faire ce travail!

Komla KPOGLI, S.G du MOLTRA



 

mercredi 13 septembre 2017

Répression au Togo: Les togolais vivant en Suisse se mobilisent.

COMMUNIQUE
Mobilisation des togolais.e.s vivant en Suisse!!!
Depuis 1963, le régime tyrannique, de père en fils, érigé au Togo et soutenu par des forces extérieures et intérieures de la violence et de l'argent réprime dans le sang les populations civiles qui ne cessent de réclamer la liberté et le changement de système politique dans le pays.
Les 19 août et 6-7 septembre 2017, des masses populaires immenses ont, une fois encore, pris les rues pour manifester pacifiquement à travers tout le pays leur ras-le-bol vis-à-vis d’un régime violent, corrompu, cynique et résolument opposé à toute idée d'alternance. La police, plus précisément le corps de police dressé spécialement pour tabasser et tuer les contestataires, a été déployée pour disperser à coups de gourdins, de bâtons, de gaz lacrymogène et surtout de mitraillettes lesdites manifestations. Le bilan est lourd: des dizaines de morts, des centaines de blessés, des centaines d'arrestations arbitraires, des dégâts matériels immenses.
Les togolais.e.s vivant en Suisse condamnent énergiquement cette énième répression sanglante opérée par le régime tyrannique togolais contre les populations qui ne faisaient que réclamer des droits démocratiques élémentaires: une réforme constitutionnelle limitant le mandat présidentiel à deux exercices non renouvelables, une élection présidentielle à deux tours, le droit de vote des togolais de l'étranger...
Les togolais.e.s vivant en Suisse dénoncent ce despotisme obscur et kleptomane qui, tout en plongeant les populations dans les profondeurs du terrorisme, de la misère et de la souffrance, les empêche d’exprimer pacifiquement leurs douleurs et aspirations. Le fossé entre le satrape, Faure Gnassingbé et sa cour et le peuple togolais qui ne leur a jamais donné sa légitimité n'a jamais été aussi béant. Fort de cela, les togolais.e.s vivant en Suisse adressent leurs encouragements les plus ardents aux masses populaires ainsi qu’aux organisations et personnalités qui les accompagnent à accentuer ici et maintenant la lutte pour la dignité, la liberté, la justice et la paix retrouvées car aucun peuple dans l’histoire n’a renversé un ordre tyrannique soutenu principalement de l’extérieur sans l’avoir combattu âprement sous un leadership qui conjugue crédibilité, vision stratégique, tactiques adaptées, moyens adéquats, organisation, courage et planification.
Entièrement mobilisé.e.s, les togolais.e.s vivant en Suisse apportent leur soutien indéfectible aux masses populaires en lutte au Togo et se réunissent le samedi 16 septembre 2017 à 14h à Fribourg, Rue de Locarno 3.
Seront discutés à ce rassemblement : 
1- les derniers développements de l'actualité socio-politiques.
2- les formes de soutien concret à accorder au mouvement populaire actuel et futur.
3- Préparatifs de la grande manifestation des togolais.e.s vivant en Suisse.
4- Divers

Togolaise, Togolais viens et luttons sans défaillance pour rebâtir la Cité !

Le Porte-parole
Komla Kpogli, Tél. 0041 76 542 79 18

lundi 24 juillet 2017

KEN SARO-WIWA, Le héros oublié!


Le 10 novembre 1995, Ken Saro Wiwa et 8 de ses camarades qui luttaient contre la pollution massive des terres Ogonies (Delta du fleuve Niger, au Nigéria) provoquées par les forages du pétrolier anglo-néerlandais Shell ont été pendus. L'écrivain Ken Saro Wiwa voyant les souffrances de son peuple avait décidé de prendre la tête de la mobilisation des Ogonis dénonçant la destruction ininterrompue de leurs faune, flore et terres. Il fonde le MOSOP (Mouvement pour la survie du peuple Ogoni). L'homme de main de Shell, le fameux général Sani Abacha, grand ami des Occidentaux et particulièrement de la Suisse où il disposait de comptes bancaires remplis de quelques milliards de dollars, a décidé de décapiter la contestation. Il fit arrêter ses dirigeants qu'il emprisonne. A l'issue d'un simulacre de procès pour "incitation au meurtre" par un tribunal spécial créé par le toutou de Shell Sani Abacha, Ken Saro Wiwa et ses codétenus furent pendus publiquement à la grande satisfaction du pétrolier et des autres Occidentaux qui n'ont jamais intégré l'idée qu'en Afrique, le peuple puisse réclamer des droits et surtout demander à jouir des richesses de son sol et de son sous-sol. 
Ces héros oubliés renaîtront le moment venu et prendront le nom des rues, des places publiques, des aéroports, des écoles, des universités...

Komla KPOGLI


mardi 20 juin 2017

L’analyste politique togolais Komla Kpogli incendie Guillaume Soro et Alassane Ouattara : «Laissons Soro faire son cinéma. La fin du film arrivera tôt ou tard »


Il y’a quelques années qu’il n’a plus parlé de la Côte-d’Ivoire, pays qu’il connait bien pour avoir connu nombre de ses hommes politiques. Lui, c’est l’analyste politique Komla Kpogli, Secrétaire général du MOLTRA (Mouvement pour la Libération totale et le Reconstruction de l’Afrique). Quand nous lui avions demandé cette interview lors de son passage éclair la semaine dernière dans la capitale Allemande, l’homme a répondu sans hésiter par l’affirmative. Pour la nième fois, l’analyste politique met encore le doigt sur la tragédie ivoirienne et de ses acteurs. Pêle-mêle, il cite Alassane Ouattara dans le rôle de « l’élite locale formée pour collaborer à l’exploitation de l’Afrique ». Guillaume Soro pour l’analyste « a été armé et il est toujours armé. Il est une poudrière à lui tout seul... ». Emmanuel Macron n’est pas non plus épargné. Un condensé du drame ivoirien en un clic !


Lynx.info : Grosso modo, pourquoi Alassane Ouattara ne réussit pas, là où toutes les chances lui tendaient les bras : retour des bailleurs de fonds, cessation de la guerre, reprise de la diplomatie ivoirienne ?

Komla Kpogli : Votre question est curieuse. Qui connaissait la provenance et, par conséquent, la destination d’Alassane Ouattara ne pouvait penser un seul instant que le territoire de Côte d’Ivoire avait une quelconque chance d’être bien gouverné par lui. Ouattara est un pur produit de l’école coloniale occidentale. Il est le prototype même de ce que les coloniaux appelaient « l’élite locale formée pour collaborer à l’exploitation de l’Afrique ». Fait aggravant, Ouattara a été impérialement imposé à coup de bombardements et de massacres par ses tuteurs occidentaux accompagnés de leurs garçons de courses africains. Quant au « retour des bailleurs de fonds » et à « la reprise de la diplomatie ivoirienne », pour reprendre exactement vos mots, ce sont des oxymores pour désigner, d’une part, le retour des pilleurs et des profiteurs capitalistes qui ont vu leur appétit glouton un peu tempéré au temps du président Laurent Gbagbo ; et d’autre part, le rétablissement absolu des liens de sujétion et de vassalité entre le territoire de Côte d’Ivoire et les Euraméricains et leurs institutions dites internationales, là aussi desserrés un peu au temps du président Laurent Gbagbo. Ainsi, la petite et fragile parenthèse patriotique du président Gbagbo ayant été refermée de la plus sanglante des manières, la docilité complète, le suivisme diplomatique et la Côte d’Ivoire en tant que relais régional de l’impérialisme et point focal de la continuité coloniale sont rétablis. Gérard Longuet, ministre de la défense français, ne regrettait-il pas le fait que la base militaire française au Gabon ne pouvait pas être déménagée en territoire ivorien à cause de l’arrivée tardive de Ouattara au pouvoir ? Devant l’Association des journalistes de défense (AJD), le mercredi 16 novembre 2011, Gérard Longuet déclarait : « On aurait choisi Port-Bouët, en Côte d’Ivoire si Ouattara avait été en place plus tôt ». Ces propos répondent avec une clarté irréfutable à votre question.
Permettez que je dise quelques mots sur la cessation de la guerre dans le territoire de la Côte d’Ivoire. Evidemment que l’objectif de la guerre qu’était le renversement de la présidence de Laurent Gbagbo ayant été atteint, les armes devraient se taire pour que la nouvelle administration coloniale confiée au duo Ouattara-Soro s’installe. Mais c’est aller trop vite que de dire que la guerre est finie en Côte d’Ivoire. Les luttes de pouvoir et les frustrations venant des promesses non tenues vis-à-vis de la soldatesque locale qui a accompagné la reconquête de la Côte d’Ivoire s’expriment depuis et vont s’exacerber. Avec quel outil ces tensions s’expriment-elles ? Avec les armes. La guerre n’est donc pas finie. Alassane Ouattara et ses hommes de main manœuvrés depuis l'extérieur par les puissances coloniales pour détruire le gouvernement de Laurent Gbagbo et ses assises intérieures ont désormais militarisé la vie politique en Côte d'Ivoire. Ces gens, ont, par leur victoire sur le gouvernement du président Gbagbo, démontré à leurs troupes l’efficacité de l'usage du fusil comme arme de revendication socio-politique. Dans une vidéo diffusée sur Youtube le 2 avril 2011, nous disions ceci : "Alassane Ouattara et ses amis ayant habitué les compatriotes en Côte d'Ivoire à l'utilisation des armes se retrouveront tôt ou tard face à la contestation des mêmes (les frustrés et les insatisfaits de leur gouvernance) qui iront, à leur tour, chercher des armes pour venir les abattre ». L’histoire récente nous donne malheureusement raison. Et, nous ne sommes qu’au début de l’aventure.

Lynx.info : Pour nombre d’analystes, le drame ivoirien vient des élections successives avec des taux d’abstention très bas ajouté à un referendum qui a été pratiquement boycotté par les Ivoiriens. C’est aussi votre avis ?

Komla Kpogli: Eh bien, ces analystes ne savent pas de quoi ils parlent. Pourquoi ne disent-ils pas que quand le soleil est au zénith, il est nuit ou que lorsque l’obscurité la plus épaisse couvre la lune à minuit, il fait jour ? Cela pourrait être très intéressant comme analyses ou comme réflexions philosophiques. Non ! Sérieusement, la situation du territoire de Côte d’Ivoire est identique à celle de tous les autres territoires. Il y a certes des degrés de variation ici et là, mais le drame est pareil partout. Il vient du fait qu’il n’y pas d’Etat dans les territoires africains. L’élimination des négro-africains de l’Egypte pharaonique suivie de la lente déclinaison du peuple noire qui ensuite succombe aux razzias négrières industrielles transatlantiques pour finir carbonisés par la colonisation qui perdure, n’en déplaise aux fêtards des indépendances factices, voilà les clés pour comprendre d’où nous venons, où nous sommes actuellement et où nous nous dirigeons en tant que peuple. A chacune de ces étapes de l’histoire de notre peuple, les africains n’ont jamais eu le temps d’analyser et de tirer les leçons de l’épisode précédent avant d’être jetés violemment dans le scénario suivant. A chaque étape, nous subissons les évènements et les dominateurs ont toujours eu un temps d’avance sur nous. A la colonisation pure et dure ont succédé la démocratisation puis la mondialisation. Nous ne maitrisons rien dans tout ceci, car nous n’avons pas l’instrument collectif, l’Etat, capable de former le peuple et, si besoin, le diriger vers l’atteinte des buts préalablement définis. Chaque fois qu’un embryon de résistance apparaît à chacune de ces étapes historiques, il est vite étouffé et tué dans l’œuf. Sur toute la ligne, on a liquidé, massacré, découragé nos résistants et toutes les personnes qui ont toujours pensé qu’un peuple n’est maître de son destin que lorsqu’il s’organise sur son territoire de manière autonome. Dès lors le despotisme obscur, corrompu et petit bras est érigé en norme de gouvernement en Afrique dans le but d’immobiliser l’Afrique afin que ses veines soient toujours ouverts vers l’étranger. La peur est installée et on a créé l’école coloniale couplée aux religions pour cultiver l’esprit de notre peuple de sorte à en faire des êtres hydroponiques.
C’est cela qu’il faut pointer et corriger au plus vite en appelant les africains à un rassemblement agissant sous un leadership visionnaire et responsable. A défaut, nos morts d’aujourd’hui seront plus heureux que notre peuple de demain. Le monde ne fera aucun cadeau aux africains. Se battre de manière organisée pour reconquérir et remettre l’Afrique à l’endroit, tel est le défi que l’histoire globale nous impose.

Lynx.info : Dans une interview que Mme Odile Biyidi de l’association Survie nous avait accordée à Lynx.info, elle trouvait le transfèrement de Laurent Gbagbo à la Haye utile pour l’éclosion de la vérité sur la guerre faite à la Côte d’Ivoire. Ce que le monde entier suit à la CPI lui donne-t-il raison ?

Komla Kpogli: C’est un point de vue.

Lynx.info : Et quel est le votre sur la question ?

Komla Kpogli: La vérité sur la destruction du gouvernement du président Laurent Gbagbo et sur les massacres qui ont soutenu l’installation du couple Ouattara-Soro ne viendra pas de la Cour pénale internationale (CPI). La CPI est un instrument aux mains des Occidentaux pour réprimer ce qu’ils considèrent être des « Mauvais exemples ». Les mauvais exemples, pour les Occidentaux, ce sont ces dirigeants qui veulent résister aux diktats et qui essaient de faire passer les intérêts de leurs peuples avant les intérêts économiques et politiques des maîtres du monde. Nous avons là une machine de guerre idéologique à des fins prioritairement économiques habillée en justice. C’est donc une mascarade qui se tient à La Haye. Si cela peut contribuer à ouvrir les yeux de certains africains, c’est tant mieux.
Ce sont les vainqueurs qui écrivent l’histoire. Les africains doivent en être bien conscients pour toujours. Cela signifie que tant que nous allons être du côté de la défaite, nous subirons toujours les lois de nos maîtres. Il n’y a qu’à voir comment les Bush, Sarkozy, Blair, Rumsfeld, Colin Powell, Obama, Clinton, Hollande, les gars de l’OTAN se pavanent les mains dans les poches dans le monde et de salles de conférences en universités pour comprendre ce qu’est la CPI. Lorsque ce sont les Guillaume Soro, Wattao et Alassane Ouattara qui se pavanent à Abidjan et de capitale en capitale à travers le monde alors que Blé Goudé et le président Laurent Gbagbo et bien d’autres militants patriotes croupissent en prison, chacun doit se faire une idée sur ce qu’est la « vérité blanche » attendue de La Haye.

Lynx.info : Dans une interview que vous nous avez accordée à Lynx.info en 2012 vous dite ceci : « Soro Guillaume ira le plus loin possible tant que l’ordre colonial sera en vigueur dans les territoires africains ». C’est ce qui explique sa sérénité toutes les fois qu’il est accusé dans le cas des écoutes téléphoniques ou soupçonné d’activer des mutineries dans son pays ?

Komla Kpogli: La capacité de nuisance de Guillaume Soro est immense car l’homme est adossé à des tuteurs puissants aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Soro a été armé et il est toujours armé. Il est une poudrière à lui tout seul, étant donné qu’il dispose de solides ramifications dans le pays, dans les pays limitrophes et en Occident surtout. Bien entendu, comme tout instrument fabriqué pour un objectif précis, Soro a ses fragilités. Mais pour le moment, nul ne peut le toucher sans que la situation explose. Il est surveillé par Ouattara et d’autres concurrents comme du lait sur le feu. Tout porte à croire qu’à terme, Soro sera liquidé comme l’angolais Jonas Savimbi longtemps utilisé par les Occidentaux qui finirent par le lâcher, car il avait joué sa partition et les intérêts eux demeurent tandis que les hommes et les alliances sont faits pour évoluer et changer au gré du temps et des circonstances. Le temps de Soro viendra.

Lynx.info : Guillaume Soro lance une opération tout azimut pour la réconciliation en Côte d’Ivoire. Cynisme politique d’un homme qui a revendiqué la rébellion, opportunisme sur les échéances électorales de 2020 ou mea culpa sincère d’un homme dont on dit que ses armes ont endeuillé des milliers de familles de ces concitoyens ?

Komla Kpogli: Consacrons-nous uniquement aux choses sérieuses, s’il vous plaît. Laissons Soro faire son cinéma. La fin du film arrivera tôt ou tard. C’est une constante de l’histoire que des hommes-instruments comme Soro Guillaume finissent là où ils ont commencé leurs activités de nuisance. Si ses propres tuteurs ne l’écartent pas, les Africains du territoire de Côte d’Ivoire, dans un sursaut patriotique retrouvé le feront tôt ou tard.

Lynx.info : Human Right Watch et Amnesty Internationale qui n’avaient pas été tendres avec le pouvoir de Laurent Gbagbo semblent être très effacés avec ces milliers d’ivoiriens qui croupissent depuis six ans dans les prisons sans jugement. Comment l’expliquez-vous ?

Komla Kpogli: Human Right Watch et Amnesty International sont des outils de domination impérialiste occidentale. Ce sont des organisations alliées des alliées de leurs pays et leurs intérêts économiques. Le fait qu’il arrive à ces organisations dites non gouvernementales de critiquer des régimes parrainés par leurs pays ne doit pas nous faire perdre de vue que l’objectif qu’elles visent c’est d’abord l’occidentalisation du monde au travers de l’ouverture de l’ensemble des sociétés aux règles de la démocratie telles que l’Occident les veut et aux droits de l’homme tels que l’Occident les décrète. Il n’y a pas plus formidables instruments de la bataille idéologique au service des intérêts économiques des grands groupes industriels, bancaires, financiers et commerciaux que ces ONG. A ce titre, elles soutiennent le bon camp en Côte d’Ivoire. Elles sont du côté du bon crime. C’est classique.

Lynx.info : Comment expliquez-vous que la coalition RHDP en Côte d’ivoire voire la société civile aient été absentes lors des mutineries ?

Komla Kpogli: Le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) est un cache sexe destiné à couvrir un peu la nudité de l’Administration coloniale pilotée dans le territoire de Côte d’Ivoire par le duo Ouattara-Soro. Il s’agit de donner une coloration civilo-politique à cette reconquête militaire. Partant de là, il faut estimer que le RHDP subit plutôt les évènements et accompagne beaucoup plus qu’il les influence. Ce qui est certain, c’est que, dans la perspective de la présidentielle de 2020, ces gens travaillent activement dans l’ombre pour faire valoir auprès des vrais détenteurs du pouvoir de cooptation des dirigeants dans les colonies africaines qu’ils sont les seuls, se fondant sur le mythe Houphouët, à pouvoir pacifier durablement le territoire de la Côte d’Ivoire et y sauvegarder les intérêts français d’abord puis occidentaux.
Pour ce qui est de la société civile, disons que c’est encore une de ces trouvailles qui mystifient les africains. Ce terme peut tout désigner sans rien désigner. Si la société civile désigne les associations diverses et variées, alors elle a autant d’intérêts. Par conséquent, chacune de ses composantes essaient de tirer ses marrons du feu et les quelques condamnations exprimées par quelques-unes de ses composantes a posteriori ne changent rien à la donne. Si, par contre, la société civile désigne l’ensemble de la population non-armée, alors disons qu’elle subit les évènements. Dans tous les cas, un travail de remobilisation patriotique et de réorganisation s’impose nécessairement en Côte d’Ivoire.

Lynx.info : Pour le président Mamadou Koulibaly du parti (LIDER), Alassane Ouattara et son premier ministre ont choisi de résoudre le problème des mutineries a minima. Êtes-vous de ceux qui pensent que, la Côte d’Ivoire est assise sur un volcan ?

Komla Kpogli: Non, pas le territoire de Côte d’Ivoire. Mais Alassane Ouattara et sa clique, oui. Très clairement, ils sont assis sur un volcan puisqu’ils ont convaincu leur soldatesque que les armes constituent le plus court moyen d’obtenir tout, y compris le pouvoir suprême. Ils ont montré la voie qui est maintenant suivie et qui va l’être davantage par ceux qui ont contribué à leur accession au pouvoir. Ils ont mis le doigt dans l’engrenage et ils vont le payer très cher. Quant aux africains du territoire de Côte d’Ivoire dans leur ensemble, ils ont, à l’instar du continent entier, bien d’autres défis à affronter quoique celui des mutineries en constitue un.

Lynx.info : Pour le président français Emmanuel Macron : « La Côte d’Ivoire est un exemple de sortie de crise réussie et à ce titre un modèle pour beaucoup, en particulier dans la région ».

Komla Kpogli: Que voulez-vous qu’il dise, celui-là ? Il protège le pré- carré français dans le respect traditionnel du principe de la continuité de l’Etat. Quand un dirigeant français, en particulier, parle d’un territoire africain comme un bon exemple, c’est que son peuple doit être très mal en point alors que ses dirigeants doivent être particulièrement soumis. Ça également, c’est une constante de l’histoire. Conclusion : les propos de Macron sont sans importance aucune.

Lynx.info : Mr Komla Kpogli, je vous remercie

Interview réalisée par Camus Ali Lynx.info


mardi 2 mai 2017

UNE GENERATION BLANCHE

A force de refuser de nous regrouper autour d'un leadership puissant et responsable dans le but de reconquérir l'espace africain pour ensuite le remodeler à l'aune de notre histoire globale revue et corrigée, la génération d'africain.e.s née dans les années 1970-1980 risque très fortement d'être une génération blanche. Elle tutoie une probabilité confinant à la certitude d'être la génération qui aura le moins influencé la vie et le destin du continent africain. 


Encore 5 ans ou 10 ans, elle sera la génération de tous les renoncements, de toutes les fragilités, de toutes les trahisons. De deux choses l'une: Ou elle va plonger dans l'aigreur des gens qui n'ont pas agi au moment opportun, ou elle finira dans la jouissance morbide des gens qui n'ont jamais découvert jusqu'à la mort leur mission. Si elle ne prend pas conscience de cette situation ici et maintenant pour tenter de rattraper une petite partie du temps perdu, cette génération verra qu'elle aura traversé son époque sans y laisser sa marque et les enfants qu'elle accouche aujourd'hui la jugeront très sévèrement demain. Car, elle n'aura rien transmis de significatif à cette descendance qui affrontera les pires douleurs dans le monde qui vient et pour lequel les uns et les autres préparent les leurs, à l'exception notable de notre génération.

Komla Kpogli, S.G du MOLTRA

samedi 15 avril 2017

Quand la Chine tue l'esprit de créativité en Afrique.

En déversant ses produits industriels à coût extraordinairement bas parce que de piètre qualité en Afrique, la Chine, non seulement tue tout esprit de créativité que suscite le besoin chez un peuple, mais surtout la Chine fait en Afrique exactement ce qu'elle fit avant sa renaissance. La Chine avait pratiqué un protectionnisme intelligent bloquant sur son territoire quantité de produits industriels venant de l'extérieur. Cette politique a eu l'avantage de stimuler l'innovation interne qu'a organisé, supervisé et accompagné un gouvernement animé par de patriotes chinois convaincus de leur mission historique envers leur peuple.

C'est dire donc que les esprits qui clament sur tous les toits que grâce à la Chine, l'Afrique vit et se développe méconnaissent gravement les lois de l'histoire et surtout ce qui fait la force des nations. Ces esprits prennent la liquidation de l'Afrique par la Chine après son esclavage et sa colonisation par les euraméricains pour son "émergence". Quand on conjugue cette diarrhée de produits chinois extrêmement bas de gamme en Afrique avec les accords dits commerciaux tels que l'APE et de l'OMC signés par les enclos coloniaux abusivement appelés Etats africains, il est difficile d'être optimiste quant à la naissance d'une industrie réellement africaine.

Komla Kpogli